Nous voilà de nouveau à bord avec un ami Tristan pour une petite sortie, nous décidons de partir vers le nord de la Martinique, du coté du Carbet, et de Saint -Pierre.
Avant de partir, nous plongeons vérifier l'état de la quille du léger choc du dernier voyage. Nous constatons avec plaisir que Pelloc'h n'a pris aucun coup, nous lui faisons une petite beauté en brossant la coque pour éliminer les petites algues. Ce qui s'avère être assez dur car nous sommes en apnée, il y a beaucoup de courant et de tous petits coquillages nous coupent les doigts. Une fois Pelloc'h tout propre nous embarquons à bord.
Tristan trouve assez vite ses marques sur Pelloc'h, sous les directives de Xavier. Nous hissons le génois léger ( le plus grand que nous possédons) car le temps le permet, et nous partons à la voile. Nous mettons les lignes à la poupe du navire sans trop espoir de pêcher de poissons, mais pour essayer. Après quelques cours de rappel sur la position des penons par rapport au vent dans la voile, Tristan barre, alors Xavier prend des photos de Pelloc'h en mer tandis que je profite du soleil avec un bon livre à l'avant du bateau.
Au retour on décide de lancer le spi, il faut avant tout se rappeler comment ça marche, on le hisse mais c'est dur de laisser le vent gonfler la voile car le vent a baissé, on l'affale et nous rentrons vers Schoelcher. Nous sommes obligé de rentrer au moteur.

A l'arrivée Xavier et Tristan plongent trouver un corps-mort assez gros pour supporter notre voilier mais voilà qu' un homme d'un certain âge qui ramait dans la baie, vient nous faire la morale. Nous ne devons pas selon lui nous mouiller sur les corps-morts libres car nous ne connaissons pas les propriétaires, et le voila parti dans une leçon de morale qui dure et dure. Après reflexions, nous décidons de nous mettre à aucun mouillage et de mettre deux ancres pour amarrer Pelloc'h. Nous ne sommes pas des dégonflés mais cet homme est le genre de personne qui n'a rien à faire de la journée, qu'à alerter les autorités pour des broutilles de ce genre.
Nous ramassons nos affaires et embarquons dans l'annexe pour débarquer sur la plage. Encore une bien belle journée passée avec Pelloc'h !
Xavier et moi montons enfin à bord de Pelloc'h pour notre première navigation. Elle consiste à ramener le bateau du port du Marin au mouillage que nous avions repérer près de Schoelcher.
Après un ti-rhum vieux pour fêter l'évènement, xavier prend ses marques avec le moteur pour quitter le ponton, puis très vite nous coupons les gaz pour ne hisser que la grand voile afin de garder une bonne visibilte. En effet, la passe du port du Marin n'est pas évidente surtout quand on sort pour la première fois et de nuit en plus. Car le soleil se couche tôt sous ses latitudes, mais heureusement que la lune était pleine, ce qui donne des jolis reflets sur l'eau et une assez bonne visibilité.
Après dix minutes de navigation, la quille du bateau s'enlise dans le sable car dans cette nuit nous n'avons pas reconnu la cardinale qui est à un mètre de nous. Bref, on avait une chance sur deux
et on est passé du mauvais coté. Grosse panique à bord, on vient de prendre le bateau et il faut déjà appeler les secours pour nous sortir de là, c'est la pensée qui nous traverse l'esprit à ce moment. Nous nous accrochons aux haubans en vue de faire gîter le bateau et de dégager la quille du sable mais on n'y arrive pas. Alors xavier redemarre le moteur et il met tous les gaz. Ouf ! on avance , Merci xavier ! et nous repartons soulagés mais sur nos gardes.
Nous continuons notre route, en slalomant entre les balises pour sortir de cette passe. Puis nous hissons le génois, Pelloc'h prend alors une bonne allure malgré le peu de vent. Nous veillons avec attention le sondeur lorsque celui-ci indique, au milieu de nulle part, une profondeur de 0,9 m en-dessus de la quille. Deuxième coup de fayeur pour cette nuit ! Nous prenons l'option sécurité et nous partons plus au large. En fait, il est fort probable que ce soit une tortue qui nageait à cet instant mais aucun de nous deux n'y a pensé sur le moment.
Je laisse Xavier seul à la barre pour me reposer dans la cabine, on y dort d'ailleurs très bien. Il faut quand même savoir que le clapotis résonne plus dans un bateau en coque en aluminium. Mais pour ceux qui aime ce bruit si particulier, c'est un régal, on est bercé par cette musique. Un autre particularité de Pelloc'h : son angle de gîte ne varie pas, ce qui est appréciable quand on dort. En effet, un fois posé sur son bouchain, pelloc'h ne bouge plus et laisse ainsi le plaisir aux passagers de se trouver une position confortable pour dormir.
Puis , je me réveille pour relayer Xavier, qui dort jusqu'à notre arrivée à Schoelcher. Nous devons terminer cette navigation au moteur car il n'y a plus de vent. Nous amarrons le navire à un corps-mort libre et par mesure de sécurité nous jetons une ancre.
Il est 5h du matin lorsque nous arrivons à la plage. Belle nuit, nous avons tous les deux les traits tirés de fatigue mais nos lèvres sourient à cette nuit et aux prochaines navigations que nous partagerons avec Pelloc'h.









