C’est le pont du 14 juillet, on en profite pour partir visiter les Saintes – un archipel d'îles proches de la Guadeloupe. Avec Xavier et
Tristan, on embarque le jeudi soir à 18 h00 car il est hors de question de partir un vendredi – question de superstition. La nuit se passe bien excepté pour Tristan qui a le mal de mer. On arrive
le lendemain à Marie-Galante car la mer était trop grosse pour aller directement aux Saintes.
Julian, el colombiano de Gwada (pote de promo du CRET-LOG) nous rejoint avec la navette qui vient de Guadeloupe et nous passons une agréable soirée sur cette galette. L’île, est en effet sans relief ce qui nous a surpris à notre arrivée. Au petit matin nous partons vers Saint-Louis (un port de Marie-Galante) pour rejoindre Odile (encore pote de promo) qui est sur un catamaran en croisière. Nous pêchons un gros barracuda, mais une question se pose, pouvons-nous le manger ?
La question peut paraître idiote mais quand on sait que certains poissons portent une toxine, la ciguatera on y réfléchi à
deux fois. Et il s’est avéré que c’est l’espèce la plus toxique, donc on rejette le poisson à la mer.
L’équipage de la croisière nous offre un apéro, un rhum guadeloupéen arrangé au tilleul (excellent !), puis nous partons vers les Saintes sous spi. Xav et Tristan jouent avec les vagues et Pelloc’h ; c’est Tristan qui détient le record avec 9,2 nœuds sur un surf, mais pas celui du bateau (quand même ce serait scandaleux... 9,8 nds avec Xav pour info).
En fin de soirée, on débarque au bourg des Saintes, île magnifique, propre et très accueillante. On y passe la soirée, les saintois n’ont pas la même
notion de dose pour les ti-punch, ils sont sur-dosés. Les garçons ont fini la soirée dans la seule boite de l’île, puis ils sont rentrés sur le bateau après maintes péripéties. Julian a eu en
effet du mal a monter bord de Pelloc’h, il a donc essayé de monter dans l’annexe mais il a coulé celle-ci.
Le lendemain après avoir vidé l’annexe qui heureusement avait été attaché au navire, on se dirige vers une anse nommée Pain de Sucre, c’est magnifique et les fonds aussi. On y
passe une très bonne journée puis on ramène Julian au bourg pour qu’il puisse prendre se navette pour aller bosser lundi (trop dur !!).
Nous retournons mouiller au pain de sucre pour la nuit, on y rencontre Jacques Boone, un écrivain à la retraite qui nous accueille pour un apéro convivial, il nous raconte sa vie
passionnante ; on fait la connaissance de Fanny qui nous invite le lendemain à passer la soirée ensemble, elle remplace une infirmière a domicile sur l’île pendant les vacances ; comme
elle compte venir en Martinique nous nous échangeons nos coordonnées.
La journée suivante nous la passons à finir de visiter les Saintes. Mais on est vite arrêté dans notre entreprise à cause de la météo et du courant autour de l’île ; on se décide de préparer Pelloc’h pour le retour, c'est-à-dire prendre de l’essence au bourg mais il est plus de 15h passé et c’est trop tard.
On va donc le lendemain dans l’anse de Marigot remplir nos bidons, on découvre une très belle baie, dommage que l’on doit partir maintenant, on y serait bien resté un petit peu plus longtemps.
Le retour se fait sans souci, du vent dans les canaux et pétole au large de la Dominique - ce que l’on avait prévu, d’où la nécessité d’avoir le plein d’essence. Nous arrivons vers 4h00 à Saint Pierre en Martinique. On y reste quelques heures, juste le temps de dormir un peu puis nous rentrons à Schoelcher, il est 14h00.
Belle croisière encore une fois, pour la prochaine il faudra aller plus loin …..
Oui, je sais que cela fait longtemps que nous ne vous donnons plus de nouvelles de Pelloc'h. Il sort régulièrement, c'est pourquoi il est assez dur de bien tenir son journal Mille excuses !
Ce week-end nous avons inauguré la première régate: la bordée de la Saint Jean. C'était très amusant avec tout de même des soucis d'organisations des deux côtés.
Tout d'abord, on est arrivé à 9h00 comme c'etait précisé dans le papier que nous avions reçu lors de l'inscription mais il y a eu une modification importante, le rendez-vous des barreurs avait été décalé à 8h00 et nous devions passer la ligne de départ à 8h45 (départ décalé en fonction du rating du bateau, nous étions donc dans les premiers). On a eu une petite déception, Xavier s'est même posé la question si ça valait le coup de régater dans ces conditions. Mais nous sommes partis finalement avec 20 minutes de retard car il a fallu mettre l'annexe sur le pont. Ben oui, on avait prévu de laisser l'annexe sur le lieu de départ mais faute de temps on a tout embarqué.
On passe la première bouée puis juste après la deuxième bouée la feuille de route s'envole, zut alors où est-ce-que l'on va ensuite ? On décide de suivre les autres bateaux et on fait marcher notre mémoire. Donc plus question d'être premier de cette course car on ne connait pas le parcours !!!
Avec les jumelles, on essaie alors de deviner la route en observant les deux bateaux qui nous précèdent. Après la troisième bouée, on envoie le spi et une belle risée adonnante nous cueille joliment, donc devinez ce qui se passe ?
Pelloc'h se couche, l'eau rentre par le petit hublot latéral de la cuisine et je suis suspendue au tangon, personne ne panique, on rétabli Pelloc'h et on constate les dégats : juste une attache (bout) de la poulie de spi arrachée. Gros coup de chance, la poulie n'a pas defigurée tristan qui était alors a la barre, et elle a rebondi dans le bateau.
Ensuite, on fini notre parcours tranquillement, les plus gros bateaux nous rejoignent en fin de course, comme on trouvait que nous allions trop vite à la dernière bouée on s'est fait un spi en cocotier (c'est-à-dire qu'il s'est enroulé autour de l'etai) puis on est reparti vers la ligne d'arrivée.
Dernier virement de bord très très près du ponton, Ben saute à l'eau et nage vers le rivage pour boire une bière afin de valider notre course. Il est 15h37 : fin de la course. Et début de la troisième mi-temps mais c'est une autre histoire ......no comment a ce sujet pour Tristan, Ben et Xav .....
Au final on est 7e au classement général sur les 48 participants et 2e de notre catégorie, pas mal non ?
On remercie nos équipiers Tristan et Ben, on les attends sur la prochaine régate pour finir cette fois en tête !
Samedi 12 novembre :
Nous partons xavier et moi en mer pour sortir un peu Pelloc’h qui se morfond dans son mouillage à Schoelcher et puis nous avons un peu de chance car il ne pleut pas encore.
Noue voulons aller vers le nord mais comme j’ai trop rasé les côtes, on n’a plus de vent et nous sommes contraints de redescendre vers la baie de Fort de France.
En fin d’après-midi, le vent forcit un peu, et un mauvais grain s’annonce aussi donc nous rentrons. Dans un virement de bord, en voulant passer le génois de l’autre bord, mon bras s’est emmêlé avec l’écoute de génois et le bas-étai. Il y a eu plus de peur que de mal mais j’ai quand même une petite brûlure.
Nous préparons Pelloc’h pour passer une bonne semaine et nous remarquons sur l’eau des catamarans de l’école de voile qui reviennent ; les têtes des loueurs nous disent quelque chose !!! Ah, mais c’est notre ami Nicolas et sa bande de militaire. Ca faisait longtemps que l’on ne l’avait pas vu. Nous leur offrons un apéro à bord puis nous rentrons chacun de notre coté.
Quelle belle rencontre avons-nous faite là ! Merci encore Pelloc’h pour ce que tu nous permet de vivre !
Samedi 29 octobre :
Et nous voilà parti à cinq, comme les Trois mousquetaires : Xavier, Tristan, Fabrice, Pelloc’h et moi vers Sainte-Lucie pour un week-end de cinq jours, car en Martinique le 1er et le 2 novembre sont des jours fériés. C’est un des nombreux avantages de la vie sous les cocotiers !
Pendant que je finis de donner des cours de maths, les garçons s’occupent de Pelloc’h : Tristan et Fabrice s’amusent follement à lui gratter la coque, recouverte d’algues et de coquillages, car il faut se faire beau pour sortir, tandis que Xavier court dans la moitié des centres commerciaux de la Martinique pour essayer de remplir la bouteille de gaz et acheter des gilets de sauvetage. Manger chaud et avoir une sécurité en cas de pépin, c’est déjà le début du confort, non ?
Bref, j’arrive à bord, vers 11h30. Tristan et Fabrice sont encore dans l’eau à finir de frotter : hardi moussaillon ! Et que ça brille ! Je range toute la bouffe dans les coffres pendant que les garçons préparent Pelloc’h pour la traversée : mettre l’annexe sur le pont, relever les ancres, hisser les voiles…
La journée s’annonce belle, le temps est ensoleillé, le vent souffle bien. Ca y est ! On est parti pour cinq jours de folie ! Nous allons assez vite, avec une moyenne de 6,5 noeuds que l’on gardera pendant toute la traversée.
A peine partis, les frotteurs demandent leur dû en ti’punch ! De toute façon, c’est l’heure de l’apéro car il est 12h passées. Après le verre, nous sommes déjà au large du rocher du Diamant. Fabrice a apporté des pastilles magiques qui ne sont pas à croquer, mais que l’on colle derrière l’oreille. A quoi cela sert ? Il parait que c’est contre le mal de mer et que c’est efficace pendant 72 heures. Je suis un peu sceptique mais je dois reconnaître que Xavier et Fabrice n’ont pas été malades. Cela dit, Tristan et moi n’avons rien pris et on n’a pas été malades non plus.
Pendant la traversée, nous discutons tous et la barre passe entre toutes les mains. Nous pouvons observer au milieu du canal des dizaines de poissons volants qui planent au dessus de la mer. La houle est d’ailleurs plus forte dans le canal que près des côtes.
A peine après avoir quitté la Martinique, nous pouvons voir Sainte-Lucie au loin, ce qui nous permet de nous orienter. Nous arrivons après 6h30 de traversée au large de l’île anglophone. Il fait nuit et nous ne connaissons pas encore la géographie de ce bout de caillou, alors nous suivons les autres bateaux qui semblent rentrer aussi.
Nous jetons l’ancre dans un parc naturel à Rodney Bay (Pigeon Island), où se trouve un restaurant très sympa en toit de chaume. Un homme vient nous voir en bateau pour nous proposer de l’aide car notre manœuvre pour arriver s’est révélée très bruyante. Il y avait des cris à bord car Xavier, qui était à la barre, criait ses ordres à Tristan, qui s’occupait des ancres. Celui-ci n’entendait rien donc Fabrice et moi devions répéter les informations ! Heureusement, malgré un style un peu hors norme, tout s’est bien passé. Et oui, Pelloc’h est un très long navire mais nous avions une organisation à toute épreuve !
Nous profitons de la vue des côtes sous un ciel étoilée, en prenant notre apéritif bien mérité. Après dîner, Xavier et Tristan veulent aller boire un verre (encore un !) au bar qui est à quelques brasses de Pelloc’h. Fabrice et moi préférons rester à bord pour lire et nous endormir tranquillement. Nous laissons les deux buveurs partir et chacun de notre côté, nous nous endormons paisiblement. J’ai d’ailleurs le privilège de dormir sous une voûte étoilée car je suis dans la couchette avant, dans laquelle j’ai ouvert le hublot. Quel délice de s’endormir ainsi !
Xavier et Tristan sont rentrés dans la nuit mais je n’ai rien entendu car je dormais profondément.
Dimanche 30 octobre :
C’est dimanche, il est très tôt car le soleil vient de se lever. Tristan est déjà debout en train de regarder des oiseaux qui plongent pour attraper leur pitance. C’est très beau à voir.
Tout le monde est levé et on constate que l’annexe prend l’eau : Elle doit avoir un trou que nous n’avons pas vu suite à sa mésaventure au ponton des Trois Ilets. Rien de grave : nous avons tout à bord pour réparer la fissure.
Comme c’est dimanche, nous avions prévu de prendre de la brioche au petit déjeuner mais celle-ci a moisi, je ne sais pas trop pourquoi. On a l’impression que la brioche a transpiré, tout comme le pain : ce n’est franchement pas appétissant. Même plus de pain sec pour le séjour, mais le rhum n’a pas souffert, c’est toujours ça !
Nous réparons l’annexe et nous nous préparons à partir vers le port de Rodney Bay pour payer la clearance car il ne faut pas oublier que nous avons quitté les eaux françaises. Nous décidons d’y aller au moteur. Et voici qu’en plein milieu de la baie, c’est la panne d’essence. C’est rageant car nous sommes très proches de l’entrée du port. Il reste l’essence du moteur de l’annexe, on l’utilise et nous arrivons à sec au ponton de Rodney Bay. Ouf ! On est à quai : Captain Xavier a encore géré la situation avec brio !
Un ami de Yoann et Sarah (les anciens propriétaires de Pelloc’h), vient prendre des nouvelles de Pelloc’h et nous en profitons pour connaître les formalités administratives pour notre séjour. On se sépare donc : Xavier et Tristan vont chercher de l’essence, Fabrice et moi allons payer la clearance et acheter du pain. Arrivés au bureau, nous apprenons cependant que ne pouvons pas remplir les papiers : c’est le « captain » qui doit les signer, Fabrice et moi nous ne sommes que du « crew ».
Les formalités réglées, nous achetons ensuite des bières locales (« Piton ») pour les hommes et du pain pour les estomacs de tous puis nous retournons voir Pelloc’h. En passant sur les quais, nous rencontrons mon professeur de Yoga, Gopan, qui nous informe de la vie festive de l’île. C’est la fête du créole et des manifestations ont lieu un peu partout dans l’île. On garde cette idée en tête pour ce soir et nous larguons les amarres à destination de Marigot Bay.
Le trajet se fait sous spi car l’allure de Pelloc’h et le vent le permettent. Malgré une belle risée, Xavier décide de garder le spi et nous faisons une pointe à 9,75 nœuds sur un surf (le record à battre du bateau !). Nous arrivons donc assez tôt dans cette anse, qui nous déçoit un peu. En effet, on nous l’avait présentée comme une pure merveille, mais nous n’avons pas aimé sa petitesse et la proximité de la mangrove dans ce lieu de mouillage. C’est très étroit, il y a de nombreux hôtels qui bordent la mer : ça sent l’escale pour touristes !
Nous nous amarrons à une ancre, puis Ebon, un Saint-Lucien, vient nous voir en bateau à moteur pour nous proposer de nous amener à une soirée donnée pour la fête du créole. Comme nous ne nous décidons pas de suite, il part mais propose de revenir un peu plus tard pour connaître notre décision.
Xavier et Tristan vont à terre chercher des sous. Fabrice et moi restons à bord pour prendre le thé. Un vendeur de bananes, debout sur une planche à voile délabrée et un bout de bois en guise de rame, vient nous voir pour qu’on lui paie le mouillage et pour qu’on lui achète ses fruits. Nous ne voulons rien et surtout nous n’avons aucune monnaie locale : il repart mais il repassera plus tard pour être payé.
Xav et Tristan reviennent de leur périple et nous quittons l’amarre pour aller jeter l’ancre un peu plus loin car personne ne veut payer. Cela n’empêche pas le vendeur de revenir pour nous proposer ses bananes que nous refusons à nouveau. Nous prenons l’apéro quand Ebon repasse pour nous emmener à la fête : nous refusons et préférons rester au calme. Il repart avec un verre de ti’punch que nous lui avons offert.
Peu après, un pêcheur vient nous voir pour nous proposer du poisson. Nous discutons avec lui pendant un « ti’moment » en lui offrant des verres qui ont l’étrange pouvoir de lui délier la langue.
Après avoir dîné tous les quatre, Tristan veut installer son hamac sur le pont pour y dormir mais comme il pleut, il renonce et nous nous couchons.
Lundi 1 novembre :
Au réveil, Xavier et Fabrice vont à terre chercher du pain et du sucre. Puis nous partons plus au sud, vers la Soufrière. Il pleut : Xavier est dans le bateau tandis que Tristan, Fabrice et moi essayons de manœuvrer dans le brouillard : on y voit rien mais on gère ! Après un grain, Xavier sort et le temps se calme tellement qu’il n’y a plus de vent. Il fait très chaud à bord : Tristan et Xavier décident de se rafraîchir en allant se baigner. Ils jettent un bout à l’eau et plongent.
Nous arrivons tant bien que mal à Soufrière et nous sommes accueilli par un marin, dont le bateau à moteur s’appelle Éthiopia. Nous échangeons quelques mots et il nous indiquent une bouée à laquelle nous pouvons nous amarrer. Il est hors de question de jeter l’ancre car il y a trop de fond au pied des montagnes. Notre marin nous aide et nous voulons le payer mais il nous propose de nous amener à terre pour aller au bureau de l’immigration, ce que nous acceptons. Nous profitons d’être dans le village pour aller visiter le volcan. Tristan négocie le prix du taxi et nous partons voir cette fameuse montagne.
Quand on arrive sur le site, on sent le soufre et cette odeur d’œuf pourri n’est pas très agréable. Un guide nous montre les bains de boue bouillonnants. Le paysage est lunaire, dépourvu de toute végétation et les arbres qui entourent le cratère sont aussi brûlés : c’est assez impressionnant ! Nous poursuivons notre périple et notre guide nous montre des fruits locaux : des goyaves, que nous connaissons déjà et un autre fruit que nous devons faire mûrir. (J’ai oublié le nom, mais c’est bon !).
Nous redescendons au village et errons un peu quand un habitant veut nous montrer les dégâts causés par le dernier cyclone. Nous le suivons donc dans les quartiers reculés : beaucoup de personnes pauvres vivant dans des abris de béton et de tôles. Vu de l’extérieur, l’aspect « bidonville » est assez désolant mais si nous portons notre regard à l’intérieur des maisons, on peut voir des carrelages propres, des meubles en très bon état, des télévisions derniers cris, des téléphones portables, etc. Quel paradoxe !
Partout où nous passons, des enfants nous crient : « white people, white people, give me your money, give me your money ». Nous sourions devant leur intérêt mais notre guide les chasse comme des mouches. Après la visite, il nous offre des fruits appelés « caramboles » en Martinique et « five fingers » ici. Nous lui donnons quelques dollars caribéens pour sa gentillesse et nous poursuivons notre ballade dans le village. Un grain assez fort nous « contraint » à nous arrêter dans un bar local pour y prendre un verre.
Nous revenons au bateau, grâce au marin de l’« Ethiopia ». Il faut que nous le payions et nous voulons lui donner quelques dollars mais celui-ci refuse, estimant que ce n’est pas assez pour l’aide à l’amarrage et la course vers le village. Il s’en va en montrant son mécontentement et ça me glace le sang car on ne sait pas ce qu’il peut faire après, en guise de « vengeance ». Entre temps, les garde-côtes arrivent pour qu’on leur paie leur dû pour la bouée mais nous n’avons pas assez de monnaie et il est évident qu’ils ne prennent pas la carte bleue !
Xavier et Tristan vont donc à terre retirer du liquide. Ils cherchent le marin pour régler notre différent avec lui mais il n’est pas là. Ils reviennent donc et nous préparons notre dîner. Les garde-côtes reviennent et cette fois, nous pouvons les régler. On leur offre un verre de ti-punch en prime car il est évident pour eux qu’un bateau venant de la Martinique a du rhum à bord. Belle image de la Martinique ! Ensuite, c’est à notre tour de nous installer pour l’apéro. Notre marin revient nous voir, on discute calmement cette fois et toute l’affaire se termine devant quelques verres de rhum et une « cigarette qui fait rire ».
Moralité : avoir toujours une bouteille de rhum à bord, quand on navigue dans les Caraïbes !
Après dîner, Xavier et moi prenons un bain de minuit. Je vais me coucher mais les garçons ont décidé de pêcher de nuit car la lumière attire des poissons. Ils n’ont réussi qu’à prendre l’éolienne… Pas évident à digérer !
Mardi 2 novembre :
Le lendemain matin, il faut démêler le fil de pêche coincé dans l’éolienne, puis nous nous dirigeons vers Rodney Bay afin de pouvoir partir tôt le lendemain vers la Martinique. Comme il fait très beau, nous faisons sécher nos affaires mouillés (serviettes de toilettes, veste de quart, tee-shirt, etc.). Tout à coup, Fabrice hurle : ma veste de quart part à l’eau ! Voilà une bonne occasion d’apprendre à faire une manœuvre d’homme à la mer ! Heureusement que la « naufragée » flotte car nous devons nous y prendre à deux fois pour la recueillir avec la gaffe, finalement sans aucun problème. Elle est juste un peu trempée et pleine de sel.
Après cet épisode mouvementé, nous sortons de la baie. Il n’y a plus de vent et le bateau recule ! En attendant que le vent se lève, nous croisons des catamarans de touriste tellement pleins que nous ne pouvons pas voir l’espace vide entre les deux coques. C’est assez impressionnant !
Le vent daigne enfin se remettre à souffler. Nous en profitons et Pelloc’h le premier, qui se couche sur son bouchain. Tristan décide de sortir les lignes de pêche mais quelle galère à nouveau ! Les fils s’emmêlent. Je les démêle une première fois mais la deuxième, c’est Tristan qui s’y colle. On n’aura pas encore de poisson ce midi !
Nous arrivons à Rodney Bay. Je décide de monter en haut du mât pour contempler Pelloc’h de haut. Xavier et Tristan me hisse au sommet, je prends des photos et les trois garçons s’amusent à balancer le navire en s’accrochant aux haubans, ce qui est très désagréable quand on est dans les hauteurs ! Ensuite, ils me font descendre et je vais directement vers la couchette avant, en passant par le hublot ouvert qu’ils referment sur moi en disant : « dans sa cage, le singe ! ».
Après, nous allons visiter pigeon island. Il y a deux pics à gravir avec un fort sur le premier. Les ascensions nous offrent une magnifique vue sur toute l’île. Tristan est un peu dégoûté car il remarque des vagues et un surfeur sur le spot : il se dit que, s’il revient, ce sera avec sa planche !
Les garçons décident de jouer au freesbee sur la plage puis d’y prendre leur douche. Je profite d’être seule à bord de Pelloc’h pour faire aussi un brin de toilette. Nous allons ensuite dîner au restaurant sur la rive, qui se trouve à quelques mètres du bateau.
C’est un endroit très accueillant, où il y a même une librairie. Les livres n’y sont pas à vendre mais s’échangent : nous pouvons déposer nos propres livres et en prendre d’autres, laissés par les visiteurs précédents. Nous dégustons un très bon et copieux repas puis allons sur la plage pour prendre un dernier verre face à Pelloc’h avant d’aller nous coucher. En plein milieu de la nuit le vent et la pluie se lèvent. Xavier décide de mettre une deuxième ancre par mesure de sécurité, les trois garçons se retrouvent donc tous sur le pont à 2h du matin.
Mercredi 3 novembre :
Au matin, quelle surprise ! Nous avons réussi à pêcher quand même, mais bien malgré nous ! Et oui, une « trompette » est tombée dans l’annexe et s’est asphyxiée. Elle a du y sauter par mégarde et n’est pas parvenue à s’en échapper.
Nous partons vers la Martinique, le cœur un peu lourd de retrouver nos boulots respectifs. Nous naviguons grand large, avec une très belle houle de 1,5 m, ce qui nous permet d’avoir une vitesse très raisonnable de 7,5 nœuds de moyenne. Nous effectuons notre retour en à peine 5h30 : bien moins de temps qu’il ne nous en a fallu pour l’aller !
Fabrice et son appareil photo se désolent de ne pas avoir vu de dauphins ou de baleines dans le canal quand, tout à coup, je crie : « des dauphins, des dauphins ». Il y en a des dizaines ! Xavier reprend alors la barre pour empanner et Fabrice plonge dans le bateau chercher son appareil. C’est incroyable il y en a tout autour de Pelloc’h : ils sont devant, derrière sur les côtés et au loin. On est dans un champ de dauphins ! Cette rencontre magique ne dure pas longtemps, mais quelle émotion !
Nous arrivons à Schoelcher pour débarquer mais le moteur de l’annexe est noyé. Fabrice amène toutes nos affaires sur la plage à la rame et nous regagnons la rive à la nage.
Oh là là ! Que d’aventures ! Tout le monde est encore sous le choc d’entendre des voitures et des téléphones portables sonner. Nous prenons conscience que nous étions déconnectés du monde pendant ces cinq merveilleux jours.
Nous garderons tous de très bons souvenirs de ces moments, notamment grâce aux photos de notre reporter Fabrice.
Il n’a qu’une chose à ajouter : « Merci Pelloc’h et à quand la prochaine navigation ? »
Cela ne nous a pas empêché de partir avec papa Pelloc'h, nous avons donc embarqué tous les passagers à 10h00 au ponton de Schoelcher . Xavier est allé à la nage retrouver Pelloc'h, puis il est allé au moteur jusqu'au ponton. De mon coté, je le regardait manoeuvrer de la berge, si vous aviez pu le voir, c'était un très beau spectacle. Je pense qu'il ne s'en est même pas rendu compte. Il était en parfaite harmonie avec Pelloc'h. J'admets que sa tête a changé quand il a vu tous les pêcheurs sur le ponton, ce qui nous a gener pour amarrer à cause des lignes qui traînaient dans l'eau.
Nous avons donc embarqué à bord, trois personnes, Pascal, Fabrice (notre photographe) et un deuxième Xavier. Nous avons pris la direction de Grande Anse vers le sud de l'île. La mer était belle, il y a avait du soleil et surtout du vent (15 noeuds de moyenne).
Nous avons mis tout ce petit monde à contribution pour les manoeuvres, et la barre est passée entre toutes les mains. Au milieu de la baie, nous avons cherché en vain une dorsale de dauphin. Je pense qu'ils ont eu peur de Fabrice avec son appareil ! L'ambiance à bord est bon enfant et on ne parle pas trop boulot, c'est cool !
Nous passons au large de deux gros paquebots, avec un étrange chargement. Les jumelles de Xavier (pas le mien) nous indique que ce sont des pneus. Allez savoir pourquoi ? Sur le pont, on avait l'impression de voir une bâche recouverte de pneus, nous en avons conclu qu'il s'agissait d'une vache à pneu, animal très très connu (si si) présent dans les Antilles ...
Nous arrivons, près des cotes de l'anse Noire et l'anse Dufour. Et il pleut, on commence à connaître le coin, Fabrice , Xavier et moi rentrons nous mettre à l'abri tandis que Xavier (le mien) et Pascal se prennent la saucée. Pascal a même mis son maillot pour aller sous la pluie, il était heureux d'être trempé. Après avois passé la pointe, le vent forci, le bateau gîte un peu plus, nous apprécions tous l'allure de Pelloc'h. Au loin nous apercevons une course de yoles. Ce sont les anciens bateaux de pêches traditionnelles, c'est maintenant un sport à part entière et très reconnu en Martinique.
Nous jetons l'ancre en face du restaurant ti-sable, puis il est temps de prendre un bain de mer car il fait chaud même s'il y a beaucoup de vent. La peau a besoin de se rafaichir surtout celle de Xavier (l'invité) qui ne s'en est pas aperçu, sa peau prend une mauvaise couleur rouge. On lui donne de la biafine pour essayer d'attenuer la sensation de brûlure. Au moment de l'apéritif, un cri vient de la mer, et nous pouvons observer un nageur qui était venu nous questionner au sujet de l'éolienne, car il trouvait qu'elle ne faisait pas trop de bruit. Elle ne fait même aucun bruit, et par moment on l'oublie. Quelques uns en ont déjà fait les frais !
Après un dernier bain, nous repartons vers Schoelcher car il faut penser au trajet du retour. Nous rasons, un dauphin mort et pourri, mais je suis la seule à le penser. Dans tous les cas, il a un truc qui est passé près de la coque, on ne sait pas quoi ? Cela a permis d'alimenter la conversation un ti-moment.
Le vent a baissé, et Xavier pense que nous pouvons mettre le spi. On s'y attèle et voilà ! Oh qu'il est beau, très coloré. Fabrice fait des photos. Et nous remarquons que la vitesse a bien augmenté. Au large de Schoelcher, nous affalons les voiles afin d'avoir un pont rangé pour notre arrivée au ponton pour débarquer nous nos affaires. Tout le monde aide, ça va très vite !
Même galère qu'au départ, il y a trop de pêcheurs mais nous arrivons nous faire une petite place et nous débarquons, je remonte sur le bateau avec Xavier pour aller jeter l'ancre de Pelloc'h un peu plus loin. Nous mouillons en face de l'école de voile, et après une dernière vérification nous sautons à l'eau pour rejoindre la plage où nos amis en profitent pour savourer un ti-punch au bar.
Vraiment quelle belle et bonne journée! Je crois que nous avons tous passé un agréable moment avec Pelloc'h. Le réveil de lundi va être très dur pour certain, pas pour moi je suis en vacances mais je les soutiens moralement, c'est important non ???
A très bientôt pour de nouvelles aventures
Merci à tous









